Qu’est-ce que la glisse ?

Une glisse libre ;

Pour sauver le monde,
Pour rester humain,
Pour ne pas avoir besoin d’aller sur Mars,
Pour éviter de s’ennuyer,
Pour séduire l’être aimé,
Pour déjouer la mort,
Pour se faire mal,
Pour la passion,
Pour connaître les éléments,
Pour le respect de l’écosystème,
Pour prier,
Pour le respect,
Pour nos valeurs,
Pour se faire plaisir,
Pour explorer des sensations,
Pour respirer sous les vagues,
Pour sentir le vent sur son visage,
Pour oublier tout ce qui est inutile,
Pour que je ferme ma gueule,
Pour user de tout son poids,
Pour avoir l’air d’un con,
Pour emmagasiner de l’énergie,
Pour parcourir les rues en silence,
Pour flotter sur la neige,
Pour avoir confiance en soi,
Pour l’art du déplacement,
Pour la passion des éléments,
Pour se coller la frousse,
Pour aller se faire foutre,
Pour planer,
Pour pardonner toutes les erreurs des gens,
Pour se jouer de la gravité,
Pour consoler l’être aimé,
Pour mourir jeune le plus tard possible,
Pour repousser les limites,
Pour vivre heureux.

… A single slide

L’affluence

Il est toujours plus simple pour profiter d’une route, d’une rue, d’une avenue, de l’engager en solitaire. En condition de circulation ouverte, si on ne veut pas transformer le groupe de rideurs en convoi exceptionnel et emmerder les usagers de la route, je privilégie le solo. Un rideur ça passe toujours, dès qu’il y en a deux, ça prend déjà plus de place. Je note le même phénomène avec les vagues, et la montagne, souvent, mes meilleures runs (pour les plus chauds) ont été en solitaire. Certes, des mouvements de meutes peuvent être sympathique, voir même totalement transcendant, mais j’insiste sur l’efficacité d’être seul pour passer partout. Il faut se mettre à la place des automobilistes, qui doivent surveiller, non pas un, mais deux, trois gars en skate ou en roller, sur un downhill, et là c’est plus compliqué. Alors comme les conducteurs aiment les choses simples, soyez heureux, et regroupons nous à l’heure de l’apéro !  

Compréhension de la montagne, compréhension de soi

A chaque fois que j’ai pu m’engager en haute montagne, j’ai trouvé ce sens vital du partage, basé sur l’échange et le dialogue, la rencontre. Oui, on évoque les conditions météos, les conditions d’enneigement, les vents, les heures de passages, le choix technique de matériel, les vivres, la présence d’alpinistes… Cette relation vitale à la montagne passe par la connaissance des individus qui l’arpentent, pour pouvoir se dépasser et repousser nos propres limites, et non pas simplement et vulgairement battre les autres dans une compétitions ou de toute manière, l’homme sera toujours perdant face à la planète. En 2018, le monde minérale de la haute montagne nous le rappellera encore et toujours, il en est plus que temps. Repousser ces limites oui, battre les autres, non. Chacun peut le faire !

Le home spot

Clip musicalisé avec l’apport de Winston Wright and the upsetters…

On a tous un HOME SPOT… Voici le mien, cet été, tranquillement, face à l’horizon, peinard… Comme un touriste sur les pistes de Courchevel ou à Bidart avec un longboard… Le free-ride ne signifie pas toujours l’escalade du risque ou la compétition… Une session de pur bonheur, un plaisir simple et sûr, contrairement à ce qu’en disent les esprits chagrins… Quand au réchauffement climatique, et bien les mois se succèdent et les catastrophes également, d’où l’importance de raisonner sa pratique, s’adapter et ne pas engager des énergies fossiles avec des véhicules remonte-pente… Pour la beauté du sport, sa justesse et la satisfaction de l’effort accompli… Par ailleurs on est tellement mieux sans machines. On a tous un home spot accessible à pied…

20 ans plus tôt

Aujourd’hui j’ai retrouvé un stock de Surf Session datant des années 1996… Naturellement, l’imagination se porte à travers le monde sur de nombreux supports, aussi, rêver notre environnement s’est toujours fait grâce à la diffusion d’information, via la télévision, les magazines, et enfin l’Internet. A l’âge de 18 ans, Internet n’existait pas, étant né en 1975, la télévision ne prêtait que peu d’attention aux sports de glisse, et les magazines, nous offraient des images formidablement splendides d’univers vastes et abandonnés pour construire, chez les plus sensibles d’entre nous à ce mode de vie, une potentialité rare d’émotions et de sensations à vivre au détour d’une plage, d’une montagne ou tout bonnement en ville ou sur des rampes de half-pipe. Possédant une belle collection tirée de ce genre de publication, je reconnais largement avoir été influencé par cette « propagande de la liberté » qui finalement, après 20 ans, me laisse songeur sur cette quête inatteignable… Quête qui ne doit certainement jamais s’interrompre, quel que soit votre envie… Gardez précieusement vos mags, Ils ne cesseront jamais de vous faire rêver… un jour ils vous rappelleront des souvenirs !

Pêle mêle

Un bob Kiabi signé par des potes lors de Belluno 2002, un bidon d’huile moteur Afriquia vendu dans les stations Marocaines, des Kriptonics fondues, un energie drink pour les Pinpins, des vieux forfaits papiers de la station La Clusaz, un gourde de cycliste du pro tour ELITE, une cravate Jules, une combinaison néoprène de surf Billabong, des Tr vitesse de Salomon, une bouteille de parfum Chanel, des feuilles à cigarettes OCB, une corde de longe Simond, du Cicatril, des altères Domyos, un numéro du magazine Beach Brothers, le réveil mécanique de mon arrière grand-mère, une cassette du groupe INXS, des protèges poignets ALK13, une bouteille d’Heineken géante, un tampon Globe fait avec la semelle de la skateshoes, de l’Isostar, un paquet cadeau, un palet de Hockey des Chamoniards, un crayon de maçon, quelques flasques de roulements SKF, un masque de montagne Cébé… Comment pourrais-je faire une plus belle pub ?

Insérez vos pieds dans la marque au sol

Numeric world

De nos jours, tout est mesuré, chronométré, volumisé, étalonné, toisé, estimé, jalonné, pesé, quantifié, qualifié, répertorié, archivé, comptabilisé, professionnalisé, étiqueté, dimensionné, fiscalisé, narré, protégé, code-barrisé, décrypté, légiféré, réglementé, structuré, prévisionné, cadré, cadastré, limité, nuancé, barré, scanné, emballé, filmé, codifié, palettisé, transporté, acheminé, normalisé, temporisé, casté, politisé, représenté, discourisé, analysé, économisé, interprété, manipulé, simplifié, éduqué, coaché, enseigné, marqueté, fixé, assuré, appréhendé, décliné, segmenté, cotisé, épargné, emprunté, compartimenté, extrapolé, interpellé, interpratiqué, gouverné, fluidifié, dirigé, orienté, rationalisé, complexifié, competitionné, monétisé, argentisé, spéculé, optimisé, transactionné, précisé, cadré, rentabilisé, expliqué, surencherisé, chroniqué, télévisé, médiatisé, sensualisé, suggestivé, dénudé, pornographié, déshabillé, facilité, rédactionné, potentialisé, cinématographié, interchangeabilisé, journalisé, accessibilisé, importé, exporté, marchandisé, proposé, inifugé, alarmisé, sécurisé, préparé, anticipé, stocké, répertorié, informatisé, hyperconnecté, logiciellisé, big-datasé, méthodisé, contractualisé, placé, fliqué, agencé, architecturisé, hypnotisé, adjectivé, masterisé, diagnostiqué, mécanisé, ouf, un skate !

Le spot secret

C’est vrai, particulièrement en surf océanique, il n’est pas simple de trouver des vagues. Discrétion des surfeurs, confidentialité des bons plans, avarice ? On trouve le même problème avec les pans de montagne qui ne sont pas accessible sans une certaine recherche, une bonne préparation, ou l’aide d’un guide, appelons le ainsi. Alors il vous appartient de conduire cette quête, tout comme j’ai appris ainsi à connaître l’océan et la montagne par moi même, ce qui m’a offert une expérience nécessaire à la sécurité de l’évolution dans ces univers hostiles, il faut le rappeler. Alors vais-je garder le secret ? Et bien ici, je vous livre un scoop pour les chargeurs de downhill, il existe une route de style Valaisanne à Besançon… Oui oui, c’est le chemin des 3 chatels, elle tabasse du début à la fin, est donne des pourcentage à  plus de 20% de pente… Je conseil les talkies pour pouvoir la prendre pleinement… Et le revêtement est refait depuis 2015, c’est franchement roulant… Alors soyez à la hauteur, car la police surveille la présence des rideurs pour éviter les gênes à la circulation…

La peur, ce sentiment amicalement votre…

Qui n’a jamais eu peur en free-ride ? Quel que soit le terrain, la saison ou l’objectif, ce sentiment nous habite régulièrement, je crois pouvoir l’avouer ici sans rougir. C’est justement un moteur puissant pour chercher à se sublimer quand elle est anticipatoire; mieux préparer son hors piste ou son passage en poudreuse équipé d’un airbag ou de l’arva inévitablement… D’ailleurs je crois même être un sacré froussard pour travailler autant ma préparation physique… Et puis, on trouve aussi la peur, à posteriori, souvent mêlé de chance je serai personnellement beaucoup plus humble après avoir évité un chauffard non respectueux du code de la route en freeboard sur route ouverte…
 

 

 

 

 

 

Alors on répète parfois dans le milieu qu’il s’agit d’adrénaline, cette vision physiologique de l’émotion d’une vague plus grosse que les autres qui t’entraine irrémédiablement vers le beach break, encore fusse-t-il dépourvu de rocher… En ce qui me concerne, je ne veux surtout pas jouer avec ma vie même si je confesse volontiers avoir déjà vécu dangereusement, il s’agissait toujours de coïncidences pour lesquelles il faut toujours être prêt. Sans quoi, la peur vous étrangle et vous domine jusqu’à l’accident qui vous emporte vers l’abime de souffrance, voir la mort. Heureusement, en skate et en roller, à ski ou quand j’ai la chance d’être à l’océan, mon expérience m’aide à comprendre l’élément, et ainsi éviter tout dommage.  Redoublant de sagesse, veillant toujours à la meilleur préparation physique possible…

Le line-up, là où naissent les vagues

Another place to be

C’est ce sentiment étrange qui me pousse à m’exprimer ici, celui qui vous étreint lorsque vous venez d’atteindre le sommet du télésiège, ou juste après avoir franchi la barre sur le line-up, prêt à scruter les vagues naissantes ou attendant de visualiser sa trajectoire de descente dans la pente… Après une conquête teintée de patience et de méthode, après une attente mêlée d’effort et de travail, après la stratégie et la torpeur, enfin la libération vous enlace. Je souffle, soulagé, heureux mais jamais euphorique, car la suite n’augure rien de très facile, ou d’encore moins simple. Ce sont ces quelques minutes suspendues qui demeurent si précieuses. Je suis plutôt concentré, extatique d’une minute paradoxale, prêt à l’effort mais refusant tout faux pas. L’équilibre entre un engagement franc et massif ne doit pas avoir de complexe, évitant d’être perché tel un extasié en transe aveugle. Je sais ce que je recherche ; faire corps avec l’océan, comprendre la neige. Cette quête est acquise, l’harmonie éclair, vive et immédiate, flirtant avec la limite d’une chute à l’incompréhension du déséquilibre. J’ai ces quelques instants de répits, à moins qu’il ne s’agisse d’un stress ultime avant le run. Le bonheur est là, passé, présent, futur… C’est un plaisir fugace, bardé de doute, comblé d’envie, paré à bondir, sommé de réussir. Et puis quelque chose se passe, d’autres personnes bougent autour de moi, l’élément éolien vous pousse vers l’avant comme le temps qui courre vers cet idéal de toute manière inatteignable, alors à quoi bon attendre, autant se lâcher dans la pente, accepter la prochaine vague, et revenir, peut être, à ce même endroit, une prochaine fois, meilleur, chargé d’expérience. C’est celle-là même que je retrouverai à l’endroit où je l’ai laissée, dans ces quelques secondes inertes et pourtant conséquentes, là où tout commence et tout fini.