Duke dive

Tarifa, ces ruelles blanches et modestes, maisonnettes traditionnelles, son enceinte, une petite rue en sens unique descends vers la mer, coté ouest. Je l’emprunte, curieux de découvrir l’ampleur des vagues à cette heure, à cette plage, en mon surf. Après à peine deux cent mètre, un virage tourne vers la gauche, après la porte de la ville et son gardien, laissant un passage en escalier sur ma droite, poursuivre la descente vers le sable et l’eau Atlantique. Je monte sur un haut muret, appuyé contre le vent constant, face au large, me tenant debout face à cette frontière parcourue au loin par les cargos transcontinentaux d’un commerce pro-spatial. Au large nord-ouest, depuis le volant, bien plus tard, la baie de près de 20 kilomètres, est constellée d’une myriade de kite-surfs, points multicolores, tous plus massés les uns sur les autres, slalomant entre eux au gré des vagues et d’une évente régulière à une altitude d’environ 10 mètres ?

En dessous de moi, le sable, une soixantaine de marches remontant depuis la plage, laissent apparaître, muse technoïde onirique d’atteinte vaine, comme un éclair déchire le ciel, comme une plus grosse vague que la série vous noie, mon idéal féminin rentrant se reposer d’un bain de soleil trop intense, éperdue hors de la foule des hommes glisseurs. Le vent, les vagues sont minces pour l’imaginaire de mon surf. Elle remonte les escaliers, le corps tendu dans sa robe noir en stretch, ses formes parfaites étranglent ma volonté. Atteindre une vague magnifique et parfaite nécessite la capacité à imaginer partout son danger, la comprendre et la féminiser… Jusqu’à « l’extrême » jaccuzi dangereux ? Je l’aime et la quitte, pour cette même raison…

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