carnet de sortie : cote de Passaïssey

Départ vers 7h15 silencieusement pour ne pas perturber maman et papa ce samedi matin, Tr vitesse d’époque pour protège-poignets achetés deux euros au vide grenier de Bouclans… Pile synchrone avec Patrice qui récolte du sorgho vert pour le fourrage de son bétail, gilet jaune pour faire genre « transjurassienne » et malheureusement le tracteur John Deere 7840 passe trop vite avec le combiné de ramassage-fauche pour parvenir à le catcher au pied de la côte… En revanche il laisse filer quelques feuilles éparses qui provoque le slip immédiat entre le bitume et mes roues gommes Salomon… Vigilance, je monte à l’échauffement en mimant des canards par des rotations complètes sur moi même à gauche, puis à droite, à droite, puis à gauche. J’attaque trop fort comme d’habitude, alors je temporise, tourne sur moi même et laisse rouler les quelques bagnoles vers ces bagnes travaillistes individuels respectifs. Balancement des bras de rigueur, souffle façon clapping de stade de foot, bien posé au fond du temps. La route est neuve ! Goudron lisse qui sera glissant cet hiver pour la jurassienne, attention à la viabilité hivernale. Le ciel est un peu couvert, et un peu dégagé, l’air est encore chaud, la lumière laiteuse procure une douce sensation d’énergie sereine. Mes rotations se fluidifient au fur et à mesure que les centaines de mètres croissent, j’ai de l’inertie… Couscous Flangebouche, recta Downhill. Mais déjà la descente, les sensations minimes de dureté musculaire aux jambes n’entament pas ma capacité endurante, je respire une minute et attaque la pente sur la voie de gauche, « à l’anglaise » faisant face au voiture montante. Visibilité et surveillance de la route indispensable, je ne suis pas seul sur le spot et les requins métalliques décrochent des plaques sans prévenir.

J’ouvre le centre de gravité tenant mes mains de manière à anticiper le contact au sol, style feuille volante. Je resserre un chouiat la godille dans la largeur de circulation, ça grip au petit oignon ! Même sur la ligne blanche. La tête dans le rétro viseur, je scrute mon arrière garde pour souffler tout de même un peu en passant voie de droite, à la cinquantaine de mètre, ce qui me permet de laisser passer les automobilistes qui n’aperçoivent pas mon patin dans le bas coté non stabilisé en tout-venant. J’ai un bon Végas à droite, un peu court à gauche, je vais le retravailler ; ça pourrait être une blague d’économiste sur les jeux de hasard. Je gère en intérieur et en extérieur sur le glissement du patin pour aller vers le synchrone, tout va bien, je tâte même l’ordre d’amorce de glissement des roues sur mon patin : Survireur ou souvireur ; autrement dit j’amorce la glisse du pied par la roue avant ou la roue arrière, c’est ce genre de détail que je kiffe. Et là, la descente rejoint une deuxième route, je reprend la largeur pour modérer la conductrice d’un 4×4… Certes je suis très lent pour une voiture, peut être 25 km/h au compteur maxi. C’est certain, si une audi Etron arrive à 190 kilomètre-heure, je n’ai pas le temps de l’entendre, elle me tue. Enfin bref, trêve d’excès de vitesse, son radar de collision prendra sûrement la main sur le pilote. Et pour finir ce moment de glisse urbaine pro-routière, décidant de prendre l’échappatoire pour libérer la route une dernière fois à une C3 noir qui aurait pu être conduite par une personnalité politique après son passage au tribunal, je gesticule ridiculement sur le bas coté en roulant sur la pelouse chaotique bardée de cailloux, évidemment sans tomber.

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