Originalité

 

De nos jours tout est mesuré, chronométré, volumisé, étalonné, toisé, estimé, jalonné, pesé, quantifié, qualifié, répertorié, archivé, comptabilisé, professionnalisé, étiqueté, dimensionné, fiscalisé, naré, protégé, code-barrisé, décrypté, légiféré, réglementé, structuré, prévisionné, cadré, cadastré, limité, nuancé, barré, scanné, emballé, filmé, codifié, palletisé, transporté, acheminé, normalisé, temporisé, casté, politisé, représenté, discourisé, analysé, économisé, interprété, manipulé, simplifié, éduqué, coaché, enseigné, marketé, fixé, assuré, appréhendé, décliné, segmenté, cotisé, imposé, épargné, emprunté, compartimenté, extrapolé, interpellé, inter-pratiqué, gouverné, fluidifié, dirigé, orienté, rationalisé, complexifié, compétitionné monnétisé, argentisé, spéculé, optimisé, transactionné, précisé, expliqué, cadré, rentabilisé, chroniqué, télévisé, médiatisé, sensualisé, suggestivé, dénudé, pornographié, déshabillé, facilité, rédactionné, potentialisé, cinématographié, interchangeabilisé, journalisé, accessibilisé, importé, exporté, marchandisé, proposé, inifugé, alarmisé, sécurisé, préparé, anticipé, stocké, répertorié, informatisé, hyperconnecté, logicielisé, big-datasé, méthodisé, contractualisé, placé, fliqué, agencé, architecturé, hypnotisé, adjectivé, psychiatrisé, diagnostiqué, mécanisé, mécanisé, mécanisé, stop : C’est pas pratiquable… Comment garder son identité, son originalité dans ce monde conformiste ? Même dans les snow-parks, tout le monde est pareil… Une véritable quête pour les meilleurs free-styleurs… Le seul véritable exploit, ne pas faire comme les autres ?

la liaison au sol

En étant ni sur neige, ni à l’eau, la glisse urbaine vous fait parfois payer le prix fort lorsqu’il s’agit de chuter… Pour les plus acrobates, ou les plus apeurés, le casque est conseillé, évidemment, cependant, une autre tendance se dessine. En mode rando ou cruising, une simple paire de pad, protèges poignets s’avère amplement suffisante. En cas de contact au sol, en effet, les mains du pratiquant amortiront la chute, donc mieux vaut être préparé à ce contact, pour pouvoir atterrir en douceur sur le bitume…

Ensuite, ajouter des protèges genoux, coudes, hanches, pourra vous redonner confiance éventuellement, mais les blessures arrivent surtout lorsque l’on ne sait pas où l’on va, et comment l’on se déplace. D’autre part, l’entretien du matériel, servira également de fusible pour se protéger, à condition que le matériel soit de bonne tenue, suivi et compris lors de sa maintenance par le pratiquant… Rien n’est plus dur que la pierre pour de la chaire…

Alors les roues, les chassis, les planches, les bushings sont bien là pour prendre à la place du corps. Et ainsi comprendre sa propre évolution. Aujourd’hui pour la littérature, je vous invite à tenir votre propre carnet de sortie, méthode héritée du professeur Saillant. Je profite de ce topic pour saluer ici son influence sur mon free-ride… Liaison au sol qui fera ici l’objet d’un second topic à venir…

Blog & politic

L’actualité des éléctions municipales pose la question du blog et de sa politique… Le blog de freedownhill est il politique ? La réponse est non bien sûr, mais dès lors que l’on s’intéresse de plus près, en rentrant dans les détails, on arrive inévitablement à des choix qui peuvent s’apparenter à une politique…

« Toute action, rassemblement, vocation politique doit conserver imprescriptiblement le droit des femmes et des hommes…  » Article de la déclaration des droits de l’humain de 1789… Cette actualité élèctive colle aussi avec la question des Vaîtes de Besac, quartier où un petit spot de descente sympa permet de pratiquer le downhill le long des voies du tram, et où une seule politique subsisterait dans la pratique du skate et du roller : ne pas créer d’accident, ni pour les autres, ni pour soi. Simple, basic, concret, efficace, compréhensible…

 

mythologik

Le rite de passage, le jeu antique rituel, comme une épreuve pour démontrer quelque chose, la tradition du voyage exacerbant la glisse, alors que nous faisons des milliers de kilomètres pour à peine une centaine de mètres hors norme… remettre en cause le déplacement…

Aller où ? Prendre l’avion pour être bourré à Ibiza ? Toujours chercher à se déplacer pour atteindre l’essence même du déplacement, et pourtant nous savons tous pertinemment que ce déplacement est inutile, paradoxal ou incohérent voir corrompu tout simplement. Le free-ride ou l’art de se déplacer en glissant symbolise-t-il quelque chose ? Est ce une religion ? Un mythe ?

La fuite de l’humanité vers un hypothétique ailleurs, vers un monde meilleur, alors que les meilleures sessions se font toujours au départ de son domicile. On ne montre toujours que les éblouissantes prouesses de certains rideurs, alors que vivre normalement et rider là où l’on est, en s’adaptant est beaucoup plus admirable, plus simple. Un voyage de milliers de kilomètre commence toujours par un pas. Confucius ou Lao Tseu ? Comment ne pas comparer le free-ride à la mythologie antique… D’ailleurs, narrer nos exploits frôle souvent le mythe, plutôt que l’objectivité réaliste…

La recherche

Chercher des infos, des gens, des formules mathématiques de crédit, des prix bas, des meubles adaptés, des fringues, des articles, du pain, de l’argent, un meilleur job, un nouveau job, plusieurs job, chercher encore un animal domestique, chercher de l’or, chercher le bon rayon dans l’hypermarché, chercher une poubelle, chercher du pétrole, chercher une traduction, chercher à comprendre, chercher une adresse, chercher son GPS, chercher la connexion, chercher le code, chercher le mot de passe, chercher une connerie drôle à te raconter, chercher la bonne courbe…

Ni tourist ni pro

Qu’il est bon de ne pas être prisonnier d’un job de sportif pro… Pas d’objectif de résultat, pas de problème de compétition, la pratique quand on veut, le bonheur quoi… En revanche, pratiquer comme un semi-pro, confère des aptitudes athlétique qui sont utiles au quotidien pour une multitude de tâches dédiées au travail, travail fondamental car il permet de garder le contact avec la réalité, et offre ainsi toute la valeur de la glisse comme une récréation… Nampa chantait (traduit) « rider dans la rue tout les jours) c’est une énorme connerie… Rien de tel qu’une session de temps en temps pour garder la forme, avec un entraînement régulier et un job à trois quart de temps… C’est la liberté moderne… A noter le livre de Guillaume Barucq, « surf therapy »…

 

Les courbes comme mouvement naturel

L’alternance des saisons, le rythme de sommeil et d’activité, la température du jour et de la nuit, l’humeur cyclothymique, l’alternance de la pluie et du soleil, les changements de température du corps entre chaud et froid, la forme des vagues, les dessins de congères de neige, le balancement de la queue des félins, le vol des oiseaux, les cycles lunaires, l’ondulation du vent, le relief des campagnes, le brouhaha de la foule, la vibration des branches d’arbres, l’oscillation dorsale des baleines, les cycles de fertilité d’une femme ou de virilité d’un homme, les battements du cœur… Autant de phénomènes schématiquement représentés mathématiquement par des courbes, tout comme celles des surfeurs, skieurs ou rollerskates…

 

X trem pourquoi faire ?

On a tous connu ces instants de gloire, ces moments flamboyants, ces heures magiques et invraisemblables qui bouleversent et dont on se souvient toute sa vie… Alors comme je le disais à un ami il y a peu, j’ai horreur de ce terme Extrême… Né dans le courant des années 80, flirter avec la mort reste une teneur prégnante de cette notion. Pourquoi chercher à se tuer dans le but de pouvoir survivre ? Uniquement pour s’offrir des sensations ou créer un coup d’éclat Kamikaze ? J’ai une sainte aversion contre cette idée. La vie, chaque instant, est perpétuellement intense, réelle, heureuse, simple, dense… Il n’est pas nécessaire d’en rajouter, comme le disait une célèbre publicité pour le café. Sinon, des fans de l’extrême, des jusqu’au-boutistes, des suicidaires qui ont réussis, il y en a plein les cimetières. Tenez par exemple, rien que les morts de la circulation routière… L’automobile c’est fantastique, mais c’est aussi extrême pour un être humain rouler à 130 km/h sur une autoroute…

Global free-ride

Toute ressemblance avec une personne vivante ou ayant existé serait une pure coïncidence. Ici, nous retrouvons un précurseur du global free-ride dans l’usage des éléments océaniques et montagnards pour la pratique des sports de glisse… James Bond traquant les méchants gangsters internationaux, qui eux mêmes étaient planqués dans les stations de sports d’hiver, ou sur des plages surfables. En 1981 avec cet extrait de « For your eyes only » Rien que pour vos yeux, Cortina d’Empezzo est la station où les scènes de ski furent tournées, et Corfou, où la scène de plage fût réalisée. 40 ans plus tôt, le cinéma Hollywoodien laissait deviner ce qu’allait devenir la glisse internationale, les services secrets de Sa Majesté en moins. Nous constaterons alors que l’agent secret lutte seul pour préserver la paix, l’épanouissement des masses et la pratique des sports de glisse en toute quiétude, bercé par l’ultralibéralisme. James devient alors le gardien de ce même ultralibéralisme, alors que le paradoxe de notre relation aux sports de glisses abrite toujours les méchants tueurs, nous questionnant sur l’intérêt de la glisse ?